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Le Menoux |
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Le Menoux va retrouver ses vignes!
Depuis 1999, Raymond Fiaud, le maire du Menoux (Indre), propriétaire d'un joli petit clos devant sa maison, et une poignée d'habitant encore détenteurs d'arpents de vigne et de droits de plantation, rêvaient de ne pas voir embroussaillé à tout jamais le vignoble du Menoux. Si le vin, ici, n'avait certes jamais atteint une appellation d'origine contrôlée, sa culture était respectablement aussi ancienne que la cité gallo-romaine voisine d'Argentomagus et avait été, depuis Henri IV et jusqu'au XIXe siècle, la principale activité autour d'Argenton-sur-creuse, sur les coteaux surplombant la Creuse qui avait porté jusqu'à 1.546 hectares, dont 300 au Menoux et au Pêchereau limitrophe.
On en parlait déjà au 16ème siècle !
Du vin du Menoux, Rabelais s'en faisait déjà l'écho dans "Pantagruel" (1532). En 1566, dans un de ses ouvrages sur l'histoire du Berry, l'historien Jean Chaumeau écrit "Les habitants d'Argenton ont grande abondance de vignes, desquelles ils recueillent de forts bons vins".
Dans son mémoire "Statistiques de l'Indre", publié en 1804, le préfet D'Alphonse en fait également mention, soulignant que "Les vins blancs de Reuilly ont quelque réputation. Les vins rouges du Menou en ont aussi". On en trouve trace aussi dans "Une histoire de la vigne", signée d'un certain Turpin (19ème), où il est précisé : "Le vignoble d'Argenton est le troisième du Berry". Avec 1553 hectares à l'époque, le vignoble d'Argenton, qui s'étendait de Saint-Gaultier à Badecon-le-Pin, arrivait derrière ceux d'Issoudun (4440 ha) et de Sancerre (1920 ha). Quatre communes en constituaient le noyau dur : Argenton, Le Pêchereau, Saint-Marcel, et Le Menou dont le vignoble s'étendait sur plus de 300 hectares et dont le vin, très réputé, se vendait jusque dans le limousin, sur un rayon qui allait de la Souterraine à Magnac-Laval en passant par Arnac-la-Poste.
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, l'activité viticole fut, avec l'industrie de la chemiserie, le moteur économique du Menou et alentours : dans les familles, l'homme était vigneron, le femme chemisière.
Puis vint la crise du phylloxéra. Trop empreints d'une culture individualiste, farouchement opposés au principe des coopératives qui commençaient à naître en d'autres régions, les vignerons du Menoux n'ont pas été en mesure de se relever de la maladie qui avait frappé leurs vignes. Peu à peu, l'activité viticole s'est étiolée, les vignes ont déserté les coteaux, pour en laisser subsister à peine deux hectares et beaucoup de nostalgie.
Les survivances de l'ancien vignoble se lisent encore dans un parcellaire de très petites superficies et extrêmement morcelé, partagé entre une quarantaine de propriétaires déclarant encore de petites récoltes.
De discussions en démarches administratives et en recherches de conseils, les amoureux des anciennes vignes n'auront mis que trois ans à grossir leurs rangs d'une centaine d'autres amateurs séduits par l'aventure d'un nouveau vignoble. Claude Lafond appréciant l'idée d'un défi à relever est tombé sous le charme des coteaux dominant la Creuse. Début 2000 est née la Société Civile d'exploitation Viticoles du Menoux, dont Claude Lafond est le gérant.
Pour réaliser leur rêve, les 96 actionnaires ont apporté 509 parts de 100 euros et la société va et a investir 412 000 euros dans l'achat des terrains, l'achat des droits de plantation, dans les plantations elles-mêmes, puis à partir de 2004, dans la création d'une cave et dans son équipement.
Espoir d'autres installations
La SCEV ne devrait pas être la seule à replanter le Menoux : une seconde exploitation privée devrait voir le jour dont la direction sera confiée au fils de Claude Lafond, Sylvain, 24 ans, amoureux de la vigne lui aussi, avec un BTA en poche et un stage de pré-installation.
2.5 hectares ont été acquis en 2000 par la SCEV Domaine du Menoux
Après le défrichage, des rangs de 150 mètres on été alignés en mai 2002 sur la pente du "Bois Buret", formant un bel ensemble que l'on découvre dans son entier, à quelques kilomètres de là, de la route qui va du Menoux à Argenton.
Le choix retenu est celui d'un vin de pays dont les cépages s'appuient sur les pratiques ancestrales locales : 50% de gamay, 25% de cabernet franc et 25% de cot.
La première commercialisation des vins du Coteaux du Menoux se fera en 2005 via la SARL Claude Lafond.
Foire aux vins de Reuilly |
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LA FOIRE AUX VINS DE REUILLY
Le Berry Républicain du 08/04/1953
La première Foire aux Vins de Reuilly se solde par un bilan très favorable.
Indiscutablement, le Comité d'organisation de la première Foire aux Vins de Reuilly a marqué un point et un bon point. Et c'est un bilan très favorable qu'en sa compagnie nous pouvons dresser.
Car après une journée d'inauguration très prometteuse, le lendemain connut également un même succès et ce malgré un temps défavorable. Les entrées à la foire et les dégustations aux stands se continuèrent aux même rythme. Cette seconde journée fut donc, pour les vignerons, un encouragement à toujours persévérer dans l'amélioration de leurs vignobles, permettant ainsi de maintenir le bon renom des meilleurs crus de notre Berry. Notons que ceux-ci, dans ces mémorables journées, ont obtenu des félicitations de producteurs visiteurs de régions éloignées, comme la Touraine. Lundi fut, pour tous les exposants, la plus forte journée de transactions. Il est vrai que tous les crus pouvaient être doublement appréciés, grâce aux spécialités berrichonnes qui les accompagnaient, telles que galettes, croquets et fromages.
CAVALCADES ET FETE FORAINE
Quant à la fête foraine, elle connut également un succès mérité, grâce au dancing animé, le dimanche, par un de nos meilleurs orchestres régionaux.
Le lundi, malgré les ondées passagères, le char de Bacchus fit sa tournée en ville, précédé du Rally-Cor de Bourges qui, en de nombreux arrêts tant aux carrefour que dans l'enceinte de la Foire, fit retentir ses joyeuses sonneries très appréciées en notre région de chasse de plaine.
Au dancing, en matinée et soirée, le célèbre accordéonistes Marcel Azolia présenté par Marc et Taynor, animateurs incomparables avec leurs compagnons, ont pendant de nombreuses heures, par leur fantaisie et leurs qualités musicales, maintenu les danseurs dans une atmosphère pleine d'entrain et de saine gaieté.
Les enfants ne furent pas oubliés, grâce à notre compatriote monteur de manège, qui eut son succès habituel avec son manège enfantin et ses tirs, ce qui permit à maints parents de pouvoir pénétrer dans l'enceinte de la Foire.
Et puis disons que malgré le passage très fréquenté de la route bordant l'entrée de cette foire (et la foule qui s'y pressait), il ne se produisit pas le moindre petit accrochage grâce au service d'ordre impeccable assuré par la gendarmerie qui avait été, pour la circonstance, judicieusement renforcée. Le service de garde de nuit a été assuré par nos braves soldats du feu reuillois, ce qui donna à tous les exposants une tranquillité parfaite. Il ne peut être donc adressé que félicitations à ces services.
ET MAINTENANT A 1954
Après enquête faite auprès du Comité des Fêtes organisateur de ces journées, nous pouvons préciser que celui-ci se déclare très satisfait du résultat obtenu et ne doute pas que dans l'avenir, il puisse renouveler semblables expositions, permettant à nouveau de faire connaître et apprécier le réputé sauvignon de Reuilly.
Et par notre voix, il remercie sincèrement tous les aides bénévoles qui lui ont permis d'obtenir un si beau succès.
Vive donc maintenant la Foire aux Vins de 1954 !



